Au terme d’identité nationale, je préfère celui d’«identité de la France»,
beaucoup plus ouvert, bien moins lié à l’histoire de la droite et de l’extrême droite françaises depuis l’affaire Dreyfus.
Notre identité s’est forgée notamment par une lutte politique de tous les jours. Elle repose sur le droit du sol, par opposition au droit du sang, sur le principe d’égalité de droits pour chacun, sur les droits sociaux et sur la laïcité. Notre identité s’appuie également sur le rôle prééminent de l’État avec nos services publics poursuivants des missions d’intérêt général dont les principes ont été largement définis par le programme du Conseil National de la Résistance adopté le 15 mars 1944. Enfin elle est fondée sur notre langue et notre culture, facteurs d’unité et de rassemblement, au même titre que notre école publique, qui construit les futurs citoyens.
Ce concept ne peut être défini une fois pour toutes, il s’enrichit de traditions différentes, il évolue au fil des ans. Il n'y a pas lieu à le figer par un débat organisé par les Préfets. Tout cela, en vérité, ne représente qu’une instrumentalisation et une manœuvre politicienne.
Une instrumentalisation pour détourner l'attention d'une rentrée calamiteuse, d'une politique de régression sociale, qui casse les équilibres territoriaux et l’ensemble des services publics et laisse dériver dangereusement les déficits.
Oui, c'est une manœuvre politicienne, destinée à resserrer le rang d’une droite désemparée à l’approche d’élections régionales et se prémunir d’une éventuelle remontée du Front National.
Avec ce nouvel écran de fumée, le gouvernement veut masquer ses échecs en refusant de traiter les problèmes cruciaux de notre pays : la crise économique, la solidarité, le développement durable, l'intégration des jeunes issus de l'immigration, l'éducation,...Il préfère, diviser, abîmer ce qui a fait de notre pays, la France, une nation exceptionnelle, jouer sur les peurs et jeter l’anathème. Alors que nos vraies valeurs sont celles de la solidarité et de la générosité
C'est pourquoi nous devons refuser ce débat biaisé et ne pas tomber dans le piège. Mais au contraire contre-attaquer en proposant une politique alternative garante de nos valeurs républicaines portée par une Gauche unie et rassemblée. C’est ce que je m'efforce de construire avec le parti socialiste et les autres forces de gauche.